Regards croisés de l’hôte et de la comédienne.

 Vous avez reçu chez vous la pièce « Le Prince charmant », comment s’est passée la soirée ?
Muthia (Rajan) : Ça s’est très bien passé. On attendait 15 personnes et finalement on était 20. On avait invité nos voisins et ma sœur de Livry. Ils ont tous apprécié. Il y en a même un qui a tout de suite pris rendez-vous pour recevoir une autre pièce chez lui. Et ma voisine Brigitte a aussi été très agréablement surprise, elle fera peut-être aussi une représentation chez elle. C’était un samedi après-midi, on avait préparé un goûter, les voisins aussi ont apporté des choses. Après la pièce on a mangé et discuté avec la comédienne et Valérie. On en a bien profité.
De quoi parlait la pièce que vous avez vue ?
MR : La pièce parle d’une femme en difficulté, des pressions qu’elle sent. Moi, ça m’intéresse. Je défends les libertés des femmes. C’est un sujet qui m’intéresse beaucoup. Et tout le monde a aimé, le texte, la comédienne. C’est vraiment bien, pour tout le monde, pour les jeunes aussi.
Vous allez parfois au théâtre ?
MR : Je regarde toujours le programme de Sevran. La dernière fois, je voulais voir Picouly, mais j’ai eu un empêchement. Une fois, je me souviens être allé à Paris voir un comique. Et je suis invité, le 21, chez un voisin pour voir une autre pièce !

 wilda_philippeQuelle différence y a-t-il entre jouer à domicile et jouer sur une scène de théâtre ?
Wilda Philippe
: La grande différence, c’est la proximité avec les gens. On n’est pas dans un espace fictif, on leur parle directement, en les regardant dans les yeux. Dans une salle, le public est comme un point zéro. A domicile, il y a un échange avec chaque spectateur. Je me suis sentie vraiment à nu, je ne pouvais pas me cacher. C’est troublant. Souvent, ils m’identifient à mon personnage, pour eux, c’est mon histoire que je raconte. Après la pièce, les échanges sont intenses. Je ne m’attendais pas à ce que les flux d’énergie soient aussi forts. J’entre directement dans leur intimité. Je tombe amoureuse de tous ces gens. Ils posent de vraies questions sur la fabrication, me demandent comment je fais pour tout apprendre, combien de temps j’ai travaillé, comment on devient comédienne… et ont souvent des analyses très pointues.
Que raconte la pièce « Le Prince Charmant » ?
WP
: C’est l’histoire d’une femme qui se réveille, qui décide de prendre des décisions. Elle a été élevée entre tradition et émancipation. Elle s’est toujours battue contre le machisme et tout ce qui lui était imposé en général. Elle est devenue une femme très libérée, veut se fixer ses propres limites, faire ce qu’elle veut, même pourquoi pas, porter le voile un jour. Comme un choix délibéré d’accéder à quelque chose de plus spirituel, quelque chose d’immatériel.
Quelle est l’intention de la pièce ? Y a-t-il des réactions que vous souhaitez susciter chez les spectateurs ?
WP
: Oui, et non. Comme tous les comédiens, sans doute, je suis tombée amoureuse de mon personnage, je le défends. Même si pour ma part, je ne pense pas que porter le voile libère, mais chacun sa façon. Je suis pour toute forme de libération pourvu que ça vienne des gens eux-mêmes. Dans ce texte, rien n’est ni tout blanc ni tout noir, c’est pour ça que je l’aime.